Posté le 05.02.2008 par cahierscotentin
J’ai plaisir à vous faire part de la parution de mon « petit dernier » qui sortira en librairies après le Salon du Livre des Pieux les 1er et 2 mars prochains.
Son titre : CHERBOURG-PARIS, KM 171
" Un homme est mort assassiné au fond d'une aire de l'autoroute A13 Cherbourg-Paris. La jeune et plutôt jolie commissaire Clara Mandoni de la PJ de Rouen mène l'enquête. Qui est cet homme ? Qui connaissait son existence ? Pourquoi se cachait-il ? "
Il s’agit d’un « polar », mais aussi d’une histoire d’homme comme je les aime. Je traînais depuis longtemps cette idée d’un homme perdu au fond de cette aire d’autoroute, sur fond de déchéance sociale, et cela s’est mué en drame policier. L’aire de Beuzeville-sud est particulière ; la station elle-même est modeste par rapport aux autres, et sa situation m’intéressait, à la jonction de deux bras d’autoroute avec un espace enclos démesuré qui s’étend bien au-delà du parking immense au fond duquel la DDE entrepose les matériaux d’entretien routier… J’ai choisi comme fond social la disparition de Moulinex et de ses sous-traitants, le personnage « déchu » est un cadre de haut niveau, et le reste est mon tricotage…
Naît ainsi une collection que j’ai nommée « La Boîte à Mystères ». Nous verrons comment la remplir !
--
Posté le 04.02.2008 par cahierscotentin
Voilà le deuxième volet annoncé de mes "Expressions Libres". Ce texte a été publié dans la revue « DIRECTIONS » en 2005. Je l'ai repris dans mon dernier Essai professionnel intitulé "JE REVE ENCORE" paru en décembre 2006, qui contient plusieurs de ces publications qui restent pour moi essentielles dans le contexte de "casse relationnelle" désormais omniprésent.
RESISTANCE
La pratique de “ l’entretien individuel annuel ”, importée dans les bagages du néo-Iibéralisme s’installe dans le secteur social comme elle s’est installée dans le secteur productif ces dernières années. Mes convictions professionnelles fondées sur la recherche institutionnelle, que j’explique dans mon livre “ Le regard de Léonard ” (avril 2003, Ed Les cahiers du Cotentin*), me poussent à prendre position contre cette pratique inadaptée, inutile et dangereuse par ce qu’elle introduit d’individualisme incompatible avec un travail nécessairement collectif.
J’affirme que le travail social, dont la fonction première est de “ produire du mieux-être ” pour des personnes en besoin d’aide dans leur quotidien, n’est pas un travail comme les autres, et ne doit pas être structuré sur le même modèle qu’une entreprise de travaux publics ou qu’une grande surface commerciale.
Un tel secteur est par définition non-productif, donc non-rentable. Ce qui n’est certes pas une raison pour faire n’importe quoi, voire ne rien faire. Il justifie au contraire une régulation forte fondée sur des projets précis, évaluables, avec obligation de rendre compte de l’utilisation des deniers publics.
Le travail sur l’humain par des humains présuppose des outils spécifiques, tant dans l’action quotidienne vers les “ clients ”, que pour la régulation de l’action des agents des services en charge de cette clientèle. Prétendre lui appliquer les outils de “ dérégulation libérale ” (c’est là l’expression officielle appliquée par l’OMC à l’obligation faite aux entreprises d’accepter le jeu de la concurrence) est une absurdité, et une erreur dangereuse, rapidement source de difficultés dans tous les domaines de la gestion, humaine et financière. Une des lois premières de bonne gestion est le recherche de la paix sociale ; introduire des outils dont la fonction essentielle est la mise en concurrence des agents en s’imaginant qu’il va en découler de l’émulation et une amélioration (?) des résultats n’est pas facteur de paix sociale ; quand il s’agit de tenir une caisse ou de monter des murs, que les gens le fasse en s’acharnant à le faire mieux que le voisin à qui on n’adresse plus la parole —“ et tant mieux car ça évite les distractions… ”- pourrait éventuellement se comprendre même si mon idée de l’épanouissement par le travail est autre. Mais dans le travail sur l’humain, il est primordial de rechercher d’abord une cohésion forte (ce qui est un pléonasme) entre les agents, et d’autant plus que le travail d’équipe est prégnant.
C’est la recherche de cette cohésion spécifique au secteur sanitaire et social qui a prévalu dans les travaux de nombre de structures soignantes ou éducatives qui font modèle encore aujourd’hui, et qu’on a qualifié du terme “ institutionnel ” (thérapie ou pédagogie...)
C’est sur la foi en ces critères fondamentaux que j’entre aujourd’hui “ en résistance ” contre l’invasion néo-libérale qui a gagné notre secteur en prenant le pouvoir dans la formation des directeurs, désormais ignorants des grands courants de pensée spécifiques classés comme pièces de musée. Je n’avais pas perçu moi-même en écrivant la théorisation de ma pratique dans “Le Regard de Léonard ” à quel point j’étais devenu atypique ; mais certainement pas dinosaure !
Le nombre croissant de conflits larvés (faute d’organisation collective forte) dans les institutions qui ont mis en pratique ces techniques de “management ”, qui se concrétisent pour le moment par des dépressions nerveuses ou le départ des agents les plus conscients de l’irrationnel que de telles méthodes introduisent, mais aussi par l’isolement des dirigeants dans une sorte de “ bulle de pouvoir” qui leur donne des allures de pervers narcissiques, ce qu’ils ne sont pas et ils en souffrent, appelle d’urgence une reprise en mains de notre spécificité ; car le risque est grave de donner à ceux qui pensent notre secteur inutile parce qu’injustifiablement onéreux les arguments pour le faire disparaître et le renvoyer aux œuvres de charité d’où ils sont issus, comme dans les pays anglo-saxons d’où nous viennent ces “techniques de gestion ”, ou encore comme pour la recherche médicale avec le Téléthon alors que les budgets d’état diminuent. Notre identité est ailleurs, fondée sur des luttes sociales et un travail de recherche fondamentale qui reste actif.
Je fais de la politique? Certainement, et nécessairement car la “vie de la cité” est d’abord mon, et par conséquent notre, affaire.
Posté le 27.01.2008 par cahierscotentin
Je n'ai pas écrit que des romans ou des contes. Il m'est arrivé aussi de publier des expressions d'homme libre dans le domaine socio-politique. Même s'ils datent de quelques années, il s'avèrent d'une actualité de plus en plus criante.
Interdit d’Interdire
Extrait de « MAIS VIVRE SANS TENDRESSE ou Parlez-moi d’Amour » 2003
Mai 68 m’a surpris alors que j’étais étudiant, de ces étudiants “ transfuges-sociétaux ”, en pleine ascension de ma ruralité originelle vers la caste choisie des enseignants, et ce grâce à cette école de la République à laquelle je reste viscéralement attaché.
Ce mai-là voulait “ libérer ” : la pensée, la parole, l’individu, la sexualité ; sortir l’homme de ce principe social posé sur l’affirmation incontestable qu’un bon citoyen était un citoyen servile et obéissant, qu’un enfant “ bien éduqué ” était un enfant soumis, à coups de trique si nécessaire.
Rien, ni dans ma famille ni dans mon cursus scolaire, ne m’avait préparé à cet affrontement avec ma propre absence de conscience idéologique. J’étais politiquement d’une grande naïveté, et ce Paris en explosion m’a brutalement ouvert à un monde des idées qui m’a depuis, toujours fasciné.
Après mon diplôme “ d’instituteur spécialisé pour l’enseignement dans les classes de perfectionnement ” acquis cette année là, je me suis très vite retrouvé en poste de responsabilité dans un Institut Médico-Pédagogique ; les titulaires de diplômes étaient encore rares à cette époque, et beaucoup de mes collègues ont connu cette même situation. Tout était à faire dans ces structures en évolution, encore essentiellement fondée sur un esprit de bénévolat, même si la toute récente “ convention collective ” de mars 1966 venait de poser un cadre sur lequel s’installer.
Définir un Projet éducatif, faire découvrir des méthodes et des techniques de travail, recruter des personnes qualifiées, et en même temps se voir reconnu, investi d’autres responsabilités, en même temps côtoyer les instances régionales, prendre part à la formation, accéder un jour, avec une part de hasard, à une Direction d’Institution… Un parcours ordinaire appuyé sur une double passion : celle du partage au quotidien de la vie d’enfants en souffrance dans leurs capacités d’insertion sociale, et celle nécessairement liée de s’ouvrir soi-même à une humanité “ debout ”. Je dis “ nécessairement liée ”, car je ne peux pas prétendre aider des enfants à se dresser en tant qu’individu dans une société qui n’a aucunement le projet de leur faire place si je ne suis pas moi-même impliqué dans les combats pour la faire. Je me suis donc impliqué, et j’ai assis sur cette vie là des convictions solides qui concernent la Vie, que j’ai mises en pratique en tant qu’éducateur, de mes propres enfants comme de ceux des autres ; ces convictions, je les ai aussi construites sur un travail d’équipe, car je n’aurais rien découvert sans le partage de ce quotidien avec des collègues, avec D’AUTRES.
Tels étaient nos rêves, dans lesquels Rousseau avait une place privilégiée, qui m’ont valu d’entendre évoluer les qualificatifs qu’on m’attribuait : soixante-huitard, puis post-soixante-huitard, et enfin soixante-huitard attardé ; je les assumés, même “ l’attardé ”, car ils contenaient malgré tout la reconnaissance d’une référence à laquelle je reste attaché, au-delà des illusions perdues qui concernent clairement Rousseau : non l’enfant n’est pas “ naturellement bon ”, non l’individu social n’est pas par nature attentif aux autres.
Mais je n’accepte pas qu’aujourd’hui, parce que “ je ” dis (ce “ je ” n’a rien de personnel, et si j’en crois les médias, il est même très largement pluriel) que l’enfant a droit à une éducation qui le fasse avancer vers une vie adulte accomplie, parce que je dis qu’il nous revient de le protéger et de l’accompagner, parce que ma pratique me fait dire que la société développe au nom de la “ liberté ” (d’expression, de création,…) des produits et des images qui nous mettent en danger à travers ce que cela véhicule de destructeur pour l’esprit des hommes en devenir, que parce que je suis de ceux qui une fois de plus s’insurgent, non je n’accepte pas qu’on me qualifie de “ réactionnaires ” ; les mots ont charge d’histoire, et celui-là contient les pires idées que je n’ai cessé de combattre. Ringard peut-être, cela fait partie de l’apanage de l’âge ; mais certainement pas réac ! Je “ Vous ” l’interdis ! et ce “ vous ” s’adresse à ceux qui lient le devenir de l’Humain à l’Avoir qu’il est capable d’acquérir et tant pis pour les autres, aux économistes tapageurs qui ont su verrouiller à leur profit les chemins du pouvoir et que rien n’arrête, que ce soit pour fermer des usines, polluer des mers et des côtes, empoisonner des campagnes, ou pour asservir des populations pour construire un pipe-line.
Cet “ interdit ”, j’en use avec tout le respect que je mets dans ce mot. Car “ interdire d’interdire ” n’a jamais été pour nous la porte ouverte à l’individualisme et au libéralisme triomphant qui mène le monde présent, société “ jupitérienne ” qui dévore ses enfants, envahie par une folle toute-puissance dévoyée. Comment l’interdit-d’interdire a-t-il pu être assimilé à un rejet de l’auto-censure, celle que chacun doit développer pour lui-même pour accéder à la liberté ; ou plus grave encore à une rupture des tabous fondateurs qui donnent seuls accès à la définition des sociétés civilisées ; à quel moment notre génération qui avait inventé ce slogan a-t-elle perdu le fil pour qu’un tel non-sens devienne le modèle pour nos enfants, et vecteur de destruction pour nos petits-enfants !
Jamais je ne me résignerai à accepter qu’on mette un enfant à genoux, qu’il soit Français ou Birman, pour le contraindre à une vie dont il ne serait pas maître. Car se vouloir libre, c’est d’abord vouloir que l’autre le soit ; ma liberté est à ce prix ; de quoi pourrais-je parler si je me crois libre en écrasant les autres ? J’ai pour ma part envie de parler d’Amour, et de son support qu’est la Tendresse, envie d’avancer sur cette voie qui ouvre les enfants à leur Etre et à leur liberté, plutôt que d’en faire des envieux de l’Avoir, ce que d’autres s’acharnent à installer comme modèle, et avec quelle violence !
:
Posté le 27.01.2008 par cahierscotentin
Mon ami Richard N'Guyen Huu, ancien de la DCN et fidèle des "Rencontres autour d'un Verre", m'a envoyé en guise de voeux ce croquis réalisé par lui il y a quelques années, à l'époque où fut inventé à l'Arsenal de Cherbourg le système des "marcheurs" pour déplacer les sous-marins avant leur mise à l'eau. Merci Richard.
Posté le 27.01.2008 par cahierscotentin
Rendez-vous aux Cherbourgeois. Et pour ceux qui sont trop loin, n'hésitez pas à commander à votre libraire ces superbes petits livres des Editions "Angles et Perpectives", collection "Encrages". Le premier rassemble Christophe Rouil et Michel besnier, le second, Bernard Orange et Philippe Coepel, est ici présenté.
Posté le 18.01.2008 par cahierscotentin
Une douzaine de personnes sont venues prendre un verre avec Bernard Orange, et l'interroger sur sa passion et son art. Le jour il peint, des toiles abstraites, mariages de couleurs, et la nuit, à partir de 21h et parfois fort tard dans la nuit, il "pointille" en suivant des lignes que lui seul sait découvrir faisant naître des arbres et des animaux fantastiques. Nous avons eu droit à une démonstration et on reste comme des enfants émerveillés par le conte pictural que Bernard nous raconte. Une belle rencontre, qui se prolongera le 15 février avec Philippe Coespel, éditeur mais aussi partenaire de Bernard Orange dans le deuxième recueil de la série "Encrages". Nous en reparlerons.
A suivre donc.
Pour mieux connaître l'artiste, allez sur Google, demandez "Bernard Orange" et ouvrez le lien que propose "pilotmotiv.com" ou encore directement à "www.bernard-orange.com"
Posté le 07.01.2008 par cahierscotentin
Je m'aperçois que le texte du poème accompagnant le tableau est peu lisible. Je fais donc l'effort (!) de le recopier :
Les Hululeurs du soir
Les N.T.L.*
Le soir, au fond du petit bois derrière chez moi
on peut entendre :
de chouettes z'air (surtout à minuit)
le son du cor et la biche aux abois (sans soif)
la complainte de la butte et celle des dames du temps jadis,
le chant des partisans du moindre effort
et celui des deux amants qui voulaient voyager mais ne savaient comment,
des gazouillis d'oiseaux bizarres, des hululements d'horreurs,
des cris du coeur, et des soupirs de soulagement
une mélodie du bonheur,
la balade des pendus au téléphone
et celle des gens heureux,
au fond du petit bois derrière chez moi,
on entend vraiment n'importe quoi...
*N.T.L. : NycTaLopes
Posté le 07.01.2008 par cahierscotentin
Le 18 janvier, je "Rencontre autour d'un Verre" Bernard Orange, peintre et poète, ami de Prévert, qui développe depuis trente ans une peinture, ou plutôt un dessin (un dessein?) coloré, entrelacs minutieux de traits et de points d'où naissent des arbres, des corps, des oiseaux, des bateaux... L'image ci-jointe offre un aperçu de ses talents.
Il sera également présent le 16 février aux côtés de Philippe Coëpel, éditeur, qui lui consacre le deuxième tome de sa série "Encrages", mais je vous en reparlerai en temps utile. Deux soirées ne sont pas de trop pour découvrir une oeuvre totalement originale, parmi tous les talents dont regorge notre Cotentin.
Posté le 04.01.2008 par cahierscotentin
Voilà le programme à peu près fiable des "Rencontres Autour d'un Verre" des mois prochains. Nous sortons un peu du tout littéraire : deux peintres, un auteur-compositeur-interprète, un éditeur, et un auteur quand même. Merci de votre visite, sur le blog ou mieux dans la salle du bar "Le Welcome", Place Centrale à Cherbourg. Ben oui, c'est loin pour certains, mais ça vaut le détour...
LE VENDREDI 18 janvier De 18Heures à 20Heures…
Bernard ORANGE ( Peintre)
LE VENDREDI 15 février De 18Heures à 20Heures…
Philippe COËPEL (Roman - Editeur)
LE VENDREDI 14 mars De 18Heures à 20Heures…
Jean-Paul BONAMI (sortie de son nouveau Livre)
et Nicolas POTTIN ( Peintre)
LE VENDREDI 18 avril De 18Heures à 20Heures…
Matthieu LAVILLE (A.C.I. chanson française)
LE VENDREDI 13 juin De 18Heures à 20Heures…
Clôture de la 2ème saison
Patchwork d’invités de l’année
Au plaisir
Posté le 20.12.2007 par cahierscotentin
Paix, Joie, Bonheur. Le Monde a plus que jamais besoin d'écouter ce message de Noël. Meilleurs voeux à chacun et chacune.