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cahierscotentin
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actualité littéraire des Cahiers du Cotentin. Publications de Michel Lebonnois et évènements
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11.12.2006
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la Vierge des Morts 3

la Vierge des Morts 3

Posté le 18.02.2007 par cahierscotentin
Désolé pour ceux qui sonr déjà venus pour savoir la suite. Patience, ça vient, ça y est !

3 - Il prit la route comme décidé le lendemain matin, à l’heure où les étoiles s’éteignent une à une dans le ciel dont le bleu de nuit commence à pâlir. Le frère portier referma les lourds battants derrière eux et se rendit à la chapelle pour l’office des matines.

Le jour était venu depuis un peu plus de deux heures quand des coups répétés furent portés contre la porte de l’abbaye. Le frère s’empressa d’ouvrir, et reçut dans ses bras le seigneur dont les yeux étaient englués de sang ; il était soutenu par deux de ses serviteurs qui ne valaient guère mieux que lui et le reste de la troupe était à l’avenant : tous portaient de multiples traces de coups violents et de morsures, et surtout tous étaient pratiquement nus ! Malgré ses blessures, le seigneur rugissait, s’en prenant à tous et d’abord à lui-même :
- « Comment ai-je pu me laisser surprendre par ce fauve qui m’est tombé sur les épaules et m’a griffé les yeux, lacéré le visage et mordu la nuque jusqu’à me faire tomber de cheval ! J’entendais mes compagnons hurler de douleur, en proie aux mêmes agressions. »
L’un des dits compagnons qui s’était approché l’interrompit :
- « Avant d’être à mon tour attaqué, j’ai eu le temps d’apercevoir nos agresseurs ; il ne s’agit pas du tout d’un loup-garou, mais plutôt de petits êtres noirs et sales aux doigts griffus, aux dents acérées… »
Un troisième lui coupa la parole :
- « Des goublins ! A la description que vous en faites, ce sont à coup sûr des goublins ! Ils sont alors envoyés par sorcellerie s’en prendre aux voyageurs ! »
Le Père Abbé qui était arrivé les invita à recevoir les soins que leur état nécessitait et à partager leur repas ; le seigneur avait demandé qu’on fasse prévenir la garnison la plus proche pour qu’on lui envoie une escouade de soldats bien armés : « Le diable et ses sorciers vont trouver leur maître ! »

Deux jours plus tard, chacun s’étant remis de ses blessures et de ses émotions, et les gens d’armes réclamés étant arrivés, il exposa son plan pour prendre en embuscade et détruire jusqu’au dernier ces vermines qui infestaient nos belles forêts. A l’aurore, il sortit de l’abbaye sur son cheval, vêtu de ses plus beaux atours et prit la direction de la forêt. Il était accompagné d’une douzaine de moines vêtus d’une grande cape sous laquelle ils tenaient leurs mains jointes. Ce que nul ne pouvait voir, c’est que tous portaient cote de maille sous leurs vêtements et lourde épée sous le manteau. Ils étaient suivis à distance de voix par une troupe en armes, portant lances et arcs.

L’attaque eut lieu au même endroit, sur le plateau, à l’embranchement où l’on prend le chemin vers Saint-Michel. Aussitôt les capes tombèrent et les épées commencèrent à frapper. Les petits êtres surpris étaient remontés dans les arbres en poussant des cris perçants. Plusieurs restaient à terre, frappés à mort.



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