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Nom du blog :
cahierscotentin
Description du blog :
actualité littéraire des Cahiers du Cotentin. Publications de Michel Lebonnois et évènements
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
11.12.2006
Dernière mise à jour :
07.08.2008
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Destins dernier épisode

Destins dernier épisode

Posté le 31.07.2007 par cahierscotentin
Déjà la fin de cette aventure.


Par des petites caches entre les clos, ils continuent leur chemin ; Sarah ne lâche pas la main de Julien, mais elle ne tremble plus. Devoir affronter un vrai danger semble lui donner des forces :
- “ Ça va ? s’inquiète julien
- Ça va ! Et puis d’abord, je n’ai pas peur, je suis un garçon !
- Tu m’étonnes ! C’est quand il y a du danger que tu te mets à rire !
- En vérité, je suis morte de trouille ! Marche !
Victor s’est arrêté près de la barrière d’un champ :
- “ Vous voyez la petite grange ? Entrez là ; vous y trouverez de quoi manger ; je ne sais pas combien de temps vous allez rester là, ma mission est finie. Je ne sais pas qui viendra vous chercher, ni quand ; et vous avez déjà oublié comment vous êtes venus !
- Alors adieu ! Et merci ! Après la victoire, nous reviendrons vous présenter nos enfants !

Victor a disparu à l’angle du chemin, et ils sont entrés dans le bâtiment ; une table sur laquelle du pain et des pommes, un pichet d’eau, et dans un coin, une paillasse où s’allonger. Il n’y a plus qu’à attendre. Tant qu’il reste un peu de jour, ils mangent un morceau de pain et une pomme ; puis ils s’allongent et s’endorment rapidement, tout contre l’un de l’autre car le froid les gagne.

Un bruit réveille Julien ; la nuit est noire, mais il entend des pas tout proches, et la porte s’ouvre. Un filet de lumière émanant d’une lanterne sourde vient se poser sur lui.
– “ Bonjour jeunes gens, c'est l'heure.
– Bonjour ! Où va t-on ?
– Tu es trop curieux mon garçon ! Il y a juste à me suivre et à faire exactement ce que je dis. Vous venez de loin ?
– Du sud de la Manche.
– Pourquoi être venus ici ?
– Parce que c’est là que celui qui m’a aidé m’a envoyé ; et puis j’avais déjà entendu parler de la Hague.
– Ah oui ? Par qui ?
– Il y a quelques années, par un bagnard qui rentrait chez lui. Il a parlé fraude avec mon père. Lui c’était le tabac, mon père, c’était la goutte ; ils se sont bien entendus ! Il en a ramené un peu.
– Tu es un peu trop bavard, garçon, mais tu m’intéresses. Il est donc rentré ! … Comment s’appelle ton père ?
Louis a continué de faire parler Julien pendant que Sarah s’éveillait, difficilement d’abord, puis elle s’était levée d’un bond en prenant conscience de la présence.
- “ Alors ça y est, c’est le passage ?
- On va y aller, oui. Tu n’as pas peur ?
- Pas plus que toi, gros malin !
Louis leur a mis dans la main une ficelle dont il garde un bout :
- “ C’est notre fil d’Ariane. surtout ne le lâchez pas ; il ne s’agit pas que je vous perde !
Il a fermé la lanterne et ils sont sortis. Ils marchent en file indienne, reliés par cette ficelle. Leurs yeux s’habituent doucement à l’obscurité ; Louis marche comme s’il y voyait et les renseigne sur les obstacles. Ils devinent maintenant les murets qui bordent le sentier qu’ils suivent. Ils marchent ainsi une demi-heure. Louis s’est arrêté :
- “ Un petit peu de sport maintenant. Il va falloir descendre le long d’une corde.
- Ça va aller, Sarah ? demande Julien
- Ne t’en fais pas, j’irai où tu vas !
- Sarah ? J’avais cru que vous étiez deux hommes !
- C’est à cause des vêtements.
- Ça m’est égal, mais il y a après une autre descente plus longue…
- Ça ira !

Une fois dans la grotte, Louis à rouvert la lanterne :
- “ Où sommes-nous ? demande Sarah
- Tout près de l’Angleterre, madame la curieuse. Ne bougez pas et silence total !
Louis s’est éloigné vers le fond de la grotte ; il a emporté avec lui la lanterne qui donne un fin rai de lumière. Il revient après quelques minutes et les invite à le suivre en éteignant la lanterne qu’il pose au sol :
- “ Nous n’en aurons plus besoin. La patrouille vient de passer sur le chemin en contre-bas, j’ai donné le signal, il faut y aller. Une dizaine de mètres à descendre. J’y vais en premier, puis Sarah, puis Julien. Ne vous inquiétez pas de la corde, j’ai le temps de vous conduire et de revenir la ramasser. Ça ira ? Alors suivez-moi.

Il est descendu avec Sarah juste après lui ; il la guide dans la falaise qu’il connaît par cœur. Julien a attendu un peu avant de s’engager ; en quelques minutes angoissantes, ils sont sur le sentier.
- “ On reprend le fil d’Ariane et en avant !

Ils prennent le chemin de l’Etablette qui descend à flanc de falaise jusqu’à la plage de galets :
- “ Ne bougez pas de là, il n’y a aucun danger, la patrouille en a encore pour trois quarts d’heures, et le bateau va arriver. Adieu !

Avant qu’ils n’aient le temps de répondre, il a disparu. Ils entendent à peine ses pas qui montent rapidement le chemin. Quelques minutes après, une voix basse venant de la mer les appelle :
- “ Approchez un peu, guidez-vous sur ma voix ; ça y est je vous vois, ne bougez plus j’arrive.”
Une main s’est posée sur l’épaule de Sarah qui étouffe un cri :
- “ N’ayez pas peur, en route.”
Ils font quelques pas dans l’eau et montent dans une petite barque que l’homme dirige rapidement vers le large ; un bateau les attend. L’homme hisse la voile et le vent les porte vers le nord :
- Dans dix minutes, ce sera fini.
- Mais comment faites-vous tous pour y voir dans la nuit ?
- Peut-être avons-nous quelque chose des chats… Nos yeux sont habitués. Depuis que je suis tout petit, je pars en mer au milieu de la nuit ; une étoile me suffit comme lanterne. Attention, nous y sommes !

Il affale la voile, en laissant juste assez pour cacher le côté babord :
- “ Restez derrière la voile, ne dites rien. Dans un instant quelqu’un va venir vous chercher. Adieu !

Ils l’entendent qui jette à l’eau ses casiers ; au même instant, un bruit dans l’eau les fait se retourner : une petite trappe éclairée s’est ouverte dans la mer !
- “ Descendez, vite “
Sans autre explication, ils enjambent le plat-bord et disparaissent dans l’écoutille qui se referme sur eux :
- “ Bienvenue à bord !
- Mais enfin, où sommes-nous ?
- En Angleterre madame ! Enfin, à bord d’un sous-marin de sa Majesté. Encore quelques heures et vous serez à Londres.
- Vrai ? Oh, merci !
- Maintenant calez-vous sur ce semblant de siège, et ne bougez plus ; nous avons peu d’espace, ne nous gênez pas dans la manœuvre.

Ils se sont serrés l’un contre l’autre dans le coin indiqué, et se sont endormis, bercés par le ronronnement à peine perceptible des moteurs électriques.



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